Entretien avec Mme DROMSON

 

J’ai été nommée à l’école de Dardennes à la rentrée 1964 et c’était seulement mon 2ème poste d’institutrice titulaire. J’y suis restée 5 ans. L’école se voyait de la route dont elle était séparée par un simple grillage. Elle se composait d’un bâtiment abritant un préau, trois classes et deux logements de fonction dont un à l’étage.

J’occupais celui du rez-de-chaussée. La quatrième classe, la mienne, était un préfabriqué. Il n’y avait pas de cantine.

Un grand portail de fer s’ouvrait sur la cour de récréation très grande pour la petite taille de l’école. Une allée de gravillons longeait les classes, au centre un terrain de basket, plus loin un sautoir, et tout autour de l’herbe et quelques petits arbres.

Au fond, derrière le préfabriqué, un petit espace que mes enfants appelaient « la forêt » et où j’étendais le linge. Les élèves n’avaient pas le droit d’y jouer. Ni barrière, ni grillage et pourtant ils n’ont jamais transgressé l’interdiction.

Nous étions quatre collègues dont deux directeurs ! En effet les classes étaient mixtes mais il y avait l’école de filles de deux classes dirigée par une directrice, et l’école de garçons de deux classes dirigée par un directeur.

J’avais été nommée à l’école de filles dans une classe double : section enfantine, cours préparatoire d’une trentaine d’élèves.

Pour l’apprentissage de la lecture nous avions « le livre que j’aime », un mélange de toutes les méthodes, pour le calcul bûchettes et boulier, et bien sûr nous écrivions au porte-plume. Les enfants de la section enfantine disposaient de jeux et de peinture mais certains s’initiaient déjà à la lecture.

De temps en temps, nous partions en promenade dans la colline. Mais pas de kermesse ni de voyage de fin d’année. La seule fête marquée était Noël. Toutes les classes étaient réunies Monsieur le Maire venait à l’école. Les enfants chantaient devant lui. Puis c’était la distribution de jouets et de friandises.

 

Pour finir, deux petites anecdotes :

- le facteur passant au moment de la récréation venait souvent nous remettre le courrier en main propre, bavarder un peu et surtout embrasser son petit garçon !

- le téléphone se trouvait dans l’école près du mur de séparation avec le logement de fonction que j’occupais. Quand l’école était fermée, si le téléphone sonnait, il fallait sortir de l’appartement, longer en courant les trois classes, ouvrir le plus rapidement possible la porte du couloir fermée à clé, courir à nouveau tout au long du couloir et enfin arriver à temps la respiration coupée, ou le plus souvent trop tard !

 

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