La Grenette en 1915

 

 

Aujourd’hui, à la Z.A.C. de la Grenette, il y a des routes, des constructions et un camp des Gens du Voyage.

 

Avant, il y avait une seule grande bâtisse, des champs de vignes, des champs d’oliviers (1), des abricotiers, des pêchers. Monsieur Michel, dernier propriétaire de l’ensemble, était un homme de petite taille avec une magnifique moustache blanche. Il avait vendu l’actuel camp des Gens du Voyage, qui était un grand champ de vignes, car il était prévu de faire un collège.

 

 

En 1915, le moment est difficile pour le monde rural puisque les hommes actifs sont tous à la guerre. La Grenette manque de bras pour effectuer les travaux agricoles. Son propriétaire, M. Manoyer Victor, ne peut plus entretenir ses terres car il est soldat : il est lieutenant au 341ème Régiment. Il demande auprès du colonel commandant le 4ème Régiment d’infanterie coloniale une permission agricole pour le soldat Pauleau Denis qu’il connaît par « oui dire » pour ses capacités professionnelles. Sans réponse à sa première demande, il écrit à nouveau le 22 juin 1915. Le chef de bataillon major Rouy, commandant du 4ème régiment d’infanterie coloniale, informe le 25 juin  1915 le sous-préfet du Var que le soldat Pauleau Denis est parti en permission agricole de 15 jours pour Châteaurenard le 17 juin courant.

 

 

 

La guerre continue. Dans les campagnes, les hommes valides se font rares. Mme Manoyer, après lecture d’un article de presse sur les attributions éventuelles de prisonniers de guerre, écrit au préfet du Var le 10 juillet 1915 afin d’obtenir gratuitement des prisonniers :

 

« Vous n’ignorez pas Monsieur le Préfet que l’agriculteur et surtout le viticulteur est frappé doublement, sans parler des maris mobilisés, là le devoir avant tout. Mais non seulement il a connu la mévente du vin, vient encore s’ajouter cette maladie, le phylloxera, qui ne laisse absolument rien pour cette année, et qui sait l’an prochain ? Pour ceux qui vivent de récoltes, il est très difficile de le faire. La main d’œuvre, le sulfate, le soufre, tout est cher, comment faire ? »

 

Après le 10 juillet, Madame Manoyer transmet au garde-champêtre du Revest, par l’intermédiaire du facteur de la Commune, un petit mot afin de connaître les conditions pour l’obtention de prisonniers de guerre.

 

Le 13 juillet 1915, par note officielle, le directeur du service agricole de la Préfecture du Var propose au maire du Revest de faire savoir à Mme Manoyer que les prisonniers ne sont pas à la dispositions de particuliers mais à celle des communes en vu de l’intérêt général (circulaire du 19 juin 1915).

 

Mme Manoyer a mal interprété l’article paru dans un journal régional « Equipes de travailleurs militaires » : il s’agit de militaires territoriaux et non de prisonniers de guerre.

 

Le 23 juillet 1915, le secrétaire de la mairie du Revest transmet à Mme Manoyer la réponse du directeur des services agricoles de la préfecture du Var.

 

 

(1)      En 1936, sur les 8 hectares de La Grenette, M. Michel André Joseph avait 800 oliviers recensés.

 

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