Le 21 janvier 1991, M. Vidal,

maire du Revest-les-Eaux,

salue la mémoire de Charles Aude

 

« En remontant le cours de l’histoire du Revest, on trouve toujours un membre de la famille Aude dans à peu près chacun des conseils municipaux qui se sont succédé.

 

Charles Aude a pris la suite de sa mère en 1989.

 

Je l’ai connu peu après sa naissance après avoir connu ses parents lorsqu’ils étaient bien petits tous les deux. Ses parents et bien d’autres de sa famille. C'est-à-dire que je connaissais ses immenses qualités, ses connaissances étendues mais aussi sa gentillesse, son dévouement, sa droiture, son bon sens et son amour du travail. Il faut dire qu’il aimait tellement son terroir que travailler pour son village était pour lui une joie.

·       A 16 ans, il écrivit une histoire du Revest  (1),

·       Plus tard, il fonda la Société des Amis du Vieux Revest,

·       En 1988, il trouve quelques autres amoureux du passé et, ensemble, se mirent à classer et trier les archives de la Mairie que personne n’avait plus touchées depuis plus de 200 ans. De ce travail naquit un livre, le livre de notre bicentenaire, « Images du Revest pendant la Révolution(2)»,

·       Dans le Conseil municipal, il animera la commission des Relations Publiques chargée de promouvoir et faire connaître notre Commune.

 

Mais la maladie l’arrêta tout d’abord pendant quelques jours puis, de plus en plus fréquemment et de plus en plus longtemps à chaque fois.

 

Depuis plusieurs mois, il savait qu’il était condamné. Son épouse et ses parents le savaient aussi. Tous ont fait preuve d’un courage magnifique. Eux, jour et nuit, à tout instant à ses côtés, conservant toujours leur sourire. Lui, parlant et plaisantant à peu près jusqu’à la fin avec ceux qui venaient le voir.

 

Si j’ai tenu à dire ces mots ici dans cette église, c’est parce que je n’oublie pas qu’en janvier 1988 de cette même place Charles Aude saluait la mémoire de l’abbé Eude qui venait de nous quitter. Il rappelait que notre bon vieux curé l’avait baptisé, lui avait donné la communion et l’avait marié. J’ai parlé après lui mais je n’aurai jamais supposé, personne n’aurait pu penser, qu’à peine trois ans plus tard, je dirais ma tristesse devant un autre cercueil qui, cette fois, renfermerait son corps.

J’ai conscience de ce que l’ordre des choses n’a pas été respecté. Il n’est pas normal que ce soit le vieux maire qui pleure la mort du plus jeune de ses Conseillers.

 

Il n’est pas normal que ce soit le vieux maire qui traduise l’émotion de toute une commune et, au-delà de la Commune, du département comme le prouve la présence d’amis et de nombreuses personnalités parmi lesquelles de nombreux élus venus d’un peu de partout et que je salue. Beaucoup d’autres se sont excusés de ne pouvoir venir mais ont tenu à faire part de leur chagrin.

 

Je sais que rien ne peut atténuer une telle peine mais je voudrais que son épouse, ses parents, sa grand-mère, ses sœurs et toute sa famille trouvent ici l’amitié, l’affection et en même temps  la tristesse de tous ceux qui, parce qu’ils l’avaient connu, ne pouvaient qu’aimer Charles Aude, Charles Aude, Conseiller Municipal. »

 

(1)  « Le Revest en Provence ou notre Village en 1900 » - Préface du Docteur Charles Vidal, maire du Revest-les-Eaux – Imprimerie Atelier contemporain – 1976 – Ce livre a été publié grâce à l’initiative du Président du Syndicat d’initiative Richard Ulysse.

(2)  « Images du Revest pendant la révolution  1787-1794 »,  par Charles Aude, Yvette Roché, Pierre Trofimoff, Armand Lacroix, René Blanc, Jean Meiffret et Michel Bonnefoy – Hemisud – 1989.